Une immigration ciblée renforce le pays

Article de Raymond Clottu, entrepreneur, conseiller national, La Brévine (NE) dans ÉDITION SPÉCIALE du 30 décembre 2013

Lorsque la main-d’œuvre indigène fait défaut, l’écono- mie suisse fait confiance aux travailleurs étrangers. Ce système fonctionne depuis des décennies à la satisfaction des deux parties, donc aussi des frontaliers et des immigrants notamment des pays voisins.

Il est plus intéressant que jamais de travailler et de vivre en Suisse. C’est dire que notre pays n’a pas besoin d’accords internationaux pour que des personnes immigrent. L’économie suisse trouve toujours les spécialistes, mais aussi les travailleurs moins qualifiés dont elle a besoin.

En 2005, beaucoup de personnes étaient critique à l’égard de la libre circulation des personnes mais avaient finalement accepté le principe pensant que ses avantages l’emportaient sur ses inconvénients. Il s’avère aujourd’hui que ces attentes n’ont pas été satisfaites. La détérioration économique des anciens, mais surtout des nouveaux membres de l’UE a déclenché une immigration de masse en Suisse. Toutes les infrastructures, les transports, les écoles, la santé, l’administration, l’aménagement du territoire, les institutions sociales, etc., sont complètement dépassées. Lesdites «mesures d’accompagnement» réclamées et obtenues par la gauche et les syndicats menacent le marché du travail libéral qui est notre principale arme contre le chômage.

Des contingents existent déjà pour les étrangers hors UE/AELE

Nous autres chefs d’entreprise, nous devons également assumer nos responsabilités pour le bien-être global de la Suisse. Nous n’avons pas le droit de simplement laisser l’Etat social se charger des conséquences négatives de l’immigration de masse. Il est parfaitement possible d’agir autrement. Avant l’introduction de la libre circulation des personnes, l’immigration était limitée par des plafonds et des contingents. Ce système de contrôle et de gestion existe toujours pour les étrangers hors UE/AELE et il a fait ses preuves. L’initiative «contre l’immi- gration de masse» exige que la Suisse reprenne le contrôle de l’immigration moyennant des plafonds fixés annuel- lement pour les nouvelles autorisa- tions de séjour. Elle laisse assez de place à une règlementation autonome sans exiger d’interventions sur le mar- ché dans le sens d’une économie plani- fiée.

Exigences auxquelles doivent répondre les immigrants

Des solutions favorables à l’économie et souples sont nécessaires et elles existent. Une gestion quantitative et qualitative efficace de l’immigration pourrait se baser à mon avis sur le système à points que pratiquent le Canada, l’Australie ou encore la Nouvelle-Zélande: seuls les immigrants totali sant un nombre minimal de points fondés sur les besoins explicites de l’économie nationale reçoivent une autorisation de séjour. Ainsi, la Suisse aurait la garantie d’accueillir exactement les personnes qui apportent la contribution souhaitée à la prospérité du pays et qui ont la volonté de s’intégrer.

La qualité avant la quantité

De plus en plus souvent je me demande pourquoi tous les Bulgares et Roumains ont le droit d’immigrer en Suisse alors que des personnes hautement qualifiées d’Outre-mer ne re- çoivent pas d’autorisation de séjour même si on leur offre un emploi chez nous? Il y a là un problème de fond. Le peuple et les cantons ont la possibilité d’agir le 9 février prochain dans l’intérêt de toutes les Suissesses et de tous les Suisses ainsi que de l’économie en empêchant que la Suisse soit submergée et exploitée par des immigrants.