La libre circulation commence à gêner la gauche

Vice-présidente du PS: "L'économie est fautive"

Certaines lois de la nature s'appliquent également en politique. Ainsi, la nature cherche-t-elle toujours l'équilibre. Lorsqu'on mélange de l'eau chaude et de l'eau froide, il en résulte un liquide tiède. Il en est de même lors de la réunion de deux économies: la meilleure et la plus forte s'affaiblit alors que la plus faible profite un peu. A long terme, il arrive ce que la gauche appelle par euphémisme une "harmonisation", c'est-à-dire un nivellement par le bas. Exactement comme l'eau tiède qui finit par se refroidir.

2900 francs bruts par mois

Nous pouvons observer depuis quelques années sur le terrain ce qui se passe quand on impose brusquement la libre circulation des personnes entre un pays à faible chômage et à salaires élevées et un pays à fort chômage et à bas salaires. Dans un blog politique remarquable, la conseillère nationale Marina Carobbio a récemment exprimé son malaise. La socialiste se plaint parce qu'au Tessin un nombre croissant d'entreprises remplacent des employés locaux par des frontalières et des frontaliers moins exigeants. C'est aujourd'hui une triste réalité que de voir des salariés gagner 2900 francs par mois au Tessin, se lamente la parlementaire. Conséquence de la crise profonde qui sévit dans les pays méditerranéens, même des personnes hautement qualifiées sont prêtes à accepter un travail en Suisse à presque n'importe quelles conditions. - Pourquoi ces lamentations? La libre circulation des personnes a précisément les conséquences de la libre circulation des personnes. Et la Suisse importe du chômage.

"C'est pas nous, c'est les autres!"

Comme vice-présidente du Parti socialiste, Madame Carobbio Guscetti ne se contente évidemment pas de constater un dysfonctionnement qu'on ne peut de toute manière pas nier. Comme si la libre circulation des personnes n'avait pas de rapport avec l'internationalisme que prêchent les socialistes de tous les pays du monde, elle passe à l'attaque: la libre circulation des personnes a été introduite "sur pression de l'économie" - qui à ses yeux n'est évidemment composée que de profiteurs - alors que la gauche ne l'a soutenue que si la Suisse prend des mesures d'accompagnement pour empêcher des salaires de dumping. Difficile de mieux exprimer la schizophrénie de la gauche: d'un côté, on est pour la libre circulation des personnes et même pour l'adhésion à l'UE, de l'autre côté, on refuse les conséquences de ces actions. C'est comme si on voulait faire une omelette sans casser d'œufs.

Proximité de l'étranger égale hausse du chômage

Un coup d'œil sur la carte publiée sur le site internet du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) illustre l'impossibilité d'éviter les lois de la nature: plus un canton est proche de l'étranger, donc plus il a de libre circulation des personnes, plus il a de chômage, car celui-ci est beaucoup plus élevé en Suisse que dans l'UE. Seuls les "experts" et autres euro-fanatiques de l'administration fédérale osent contester cette évidence et prétendre qu'un afflux sans limite dans notre marché du travail est avantageux pour la Suisse. Posez donc la question à un chômeur tessinois ou genevois.

Newsletter eMail du 16 août 2013