Tout se passe si bien en politique de migration...

Tout se passe si bien en politique de migration et d'intégration que l'Etat doit venir au secours

Pouvez-vous imaginer que l'Etat doive encourager le dialogue entre les visiteurs et les organisateurs d'un concert de Madonna? Cela paraît difficilement concevable. Les tickets pour le concert se vendent à tour de bras, le marché est déterminé par l'offre et de la demande. Tout fonctionne à la perfection. Il ne viendrait à l'idée de personne de demander l'aide de l'Etat.

La situation se présente différemment sur un marché du travail de plus en plus régulé par l'Etat et où l'économie planifiée imposée par l'intégration dans l'UE génère des effets secondaires graves. Cela fait des années que l'administration fédérale et la partie de "l'économie", qui vient de se faire gifler pour ses pratiques salariales démesurées, chantent les éloges de la libre circulation des personnes. Cette dernière est un succès total et le marché du travail profiterait énormément de l'afflux de main-d'œuvre qualifiée étrangère – donc de professionnels que notre système scolaire ne semble plus à même de former. Tout cela n'est que de la fumée et du vent.

Le 18 juillet 2013 l'Office fédéral de la migration a publié son "Rapport sur la migration 2012" qui dresse un tableau fort différent de la situation. Il faut accélérer l'intégration des travailleurs étrangers, y lit-on en substance. Pour ce faire, des représentantes et des représentants de l'Etat et de l'économie entretiennent un dialogue sur l'intégration à la place de travail. Si autrefois l'administration estimait que sa tâche était de servir l'économie, aujourd'hui "l'économie" doit s'estimer heureuse si elle obtient une audience pour mener un dialogue.

Si "l'économie" a réellement besoin d'autant d'étrangers, si notre marché du travail est réellement capable d'absorber des masses de demandeurs d'emploi et si le gouvernement national prétend que la libre circulation des personnes est la panacée universelle, comment se fait-il que l'élément central de la libre circulation des personnes, à savoir l'intégration dans le marché du travail, ait besoin de mesures de soutien étatiques?

Quelques chiffres tirés du rapport sur la migration:

- Depuis la Deuxième Guerre mondiale, plus de deux millions de personnes ont immigré en Suisse ou vivent ici comme descendants de personnes immigrées.

- Fin 2012, 1,82 million d'étrangères et d'étrangers vivaient en Suisse.

- Une personne sur quatre exerçant une activité lucrative a un passeport étranger.la Suisse affiche une des proportions d'étrangers les plus élevées d'Europe avec quelque 23%.

- La migration contribue davantage à la croissance démographique en Suisse que ce n'est le cas dans des pays d'immigration classiques comme les Etats-Unis, le Canada et l'Australie.

- Un dixième environ des Suissesses et des Suisses vivent à l'étranger.

Newsletter eMail du 19 juillet 2013