Engager toujours plus d'immigrants au lieu de professionnels au chômage?

Les adversaires de l'initiative "contre l'immigration de masse" avancent volontiers l'argument selon lequel la forte immigration actuelle est nécessaire parce que les professionnels demandés manquent en Suisse. La réalité est toute autre – et elle est choquante. Ce sont précisément les branches, qui font venir le plus de main-d'œuvre étrangère par le biais de la libre circulation des personnes, qui affichent aussi le plus grand nombre de chômeurs. Voilà un non-sens économique qui est la conséquence d'une politique socialement irresponsable. L'initiative "contre l'immigration de masse" corrige précisément cette démesure.

La comparaison des nombres d'immigrants UE en fonction des groupes professionnels avec les nombres de chômeurs des mêmes groupes (Suisses et étrangers résidents) donne à réfléchir:

Source: ODM, seco

Cette statistique indique que pour chaque poste occupé par un immigrant de l'UE on compte deux chômeurs dans la même branche. Même dans les professions de l'ingénierie, à propos desquelles l'Union patronale se lamente le plus bruyamment d'un manque de spécialistes autochtones, on compte actuellement 1920 personnes au chômage. On en recense même 3234 dans la branche de l'informatique. Conclusion: il y a en Suisse à la fois une immigration de professionnels "hautement qualifiés" et un chômage élevé de professionnels "hautement qualifiés"

Ce constat illustre l'absurdité de la politique d'immigration actuelle. Il n'existe manifestement aucune pression incitant les employeurs à couvrir leurs besoins en main-d'œuvre sur le marché du travail national. On préfère recruter des professionnels bon marché à l'étranger et les chefs étrangers font venir leurs compatriotes. Les victimes de cette situation sont les Suisses et les étrangers résidant depuis longtemps en Suisse qui ne trouvent pas d'emploi, même s'ils ont d'excellentes qualifications. Cette attitude irresponsable des employeurs se manifeste aussi dans la fonction publique, soit non seulement dans le secteur de la santé, mais aussi dans celui de l'enseignement où 2500 ressortissants UE ont été engagés alors que parallèlement 4000 personnes pointent au chômage.

Le nombre total de chômeurs était de 149 437 fin 2013 (en 2001, donc l'année précédant l'introduction progressive de la libre circulation des personnes, on en comptait 67 000, soit environ deux fois moins). Ce chiffre correspond approximativement à l'immigration brute de l'an passé. Le problème est que les autorités et les associations économiques éludent systématiquement ces données déplaisantes pour elles ou tentent de les minimiser.

Cette politique irresponsable, qui constitue en fin de compte une escroquerie de nos institutions sociales, peut être corrigée par une gestion de l'immigration et la réintroduction de la priorité des travailleurs résidents. L'initiative "contre l'immigration de masse" offre précisément les moyens à cet effet.