On affirme constamment que la libre circulation des personnes est la raison de la croissance économique. Cette affirmation est absurde. C'est évidemment la croissance économique qui entraîne la création de nouveaux emplois et une hausse du taux d'occupation. Observé de plus près, le développement de l'emploi durant les vingt dernières années suscite de toute manière de sérieuses réserves. Selon l'Office fédéral de la statistique, 41 683 nouveaux emplois ont été créés dans le secteur de la santé et des services sociaux, près de 18 000 dans l'administration publique et environ 10 000 dans l'éducation et les écoles. Tous ces domaines coûtent à l'Etat. Parallèlement, plus 22 000 emplois productifs ont disparu dans l'industrie. En observant le développement des dix dernières années, on constate également que le secteur public, l'éducation et l'enseignement ainsi que celui de la santé et du social (SPEESS) ont connu un développement largement supérieur à la moyenne comme en témoigne le graphique ci-dessous. Si le bâtiment a lui aussi fait preuve d'une forte expansion, c'est parce que l'immigration exige de nouvelles constructions.

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Effet quasi nul sur la croissance économique par habitant

L'immigration de travailleurs étrangers grâce à la libre circulation des personnes est justifiée, d'une part, par le manque de main-d'œuvre qualifiée, d'autre part, par ses effets prétendument positifs sur la croissance économique. Mais qu'en est-il en réalité?

Une étude demandée par l'ODM à l'Institut de recherche conjoncturelle de l'EPF Zurich sur l'année 2012 visait précisément cet aspect. Elle est arrivée à la conclusion que l'immigration avait certes un effet substantiel sur le PIB (plus de personnes produisent plus et consomment plus), mais que les conséquences pour le revenu moyen – le PIB par habitant – étaient extrêmement faibles.

Cette étude confirme les résultats de deux travaux de recherche précédents qui analysaient les effets de la libre circulation des personnes sur le développement du PIB par habitant. Ces recherches sont également arrivées à la conclusion que les accords de libre circulation des personnes n'avaient que des effets modestes sur la croissance du PIB par habitant. En revanche, elles n'ont pas examiné les conséquences à long terme pour le taux de croissance. La Suisse ne réalise donc guère plus en termes de PIB par habitant qu'avant l'introduction de la libre circulation des personnes.